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Face à la hausse des violences dans le sport, Signal-Sports s’impose comme un dispositif clé

Créée en 2020, la cellule Signal-Sports s’est imposée comme un outil central dans la lutte contre les violences dans le milieu sportif. Sa mission : recueillir et traiter les signalements afin de protéger rapidement les pratiquants et écarter les personnes mises en cause.

Accessible à tous – victimes, témoins, associations, pratiquants amateurs comme sportifs de haut niveau – la plateforme permet de signaler des faits de violences sexistes et sexuelles, mais aussi physiques ou psychologiques. Elle s’appuie sur un dispositif coordonné visant à orienter les victimes, accompagner les enquêtes et déclencher, si nécessaire, des mesures de protection immédiates.

Un dispositif renforcé sur le terrain

Depuis le 19 novembre 2025, près de 330 000 établissements sportifs sont tenus d’afficher les informations relatives à Signal-Sports. Cette obligation, issue d’un arrêté du 20 mai 2025, vise à rendre le dispositif visible dans tous les lieux de pratique.

En parallèle, la cellule continue de structurer son action autour de cinq axes : la collecte des signalements, la coordination des acteurs, le suivi des enquêtes, la protection des pratiquants et la formation des encadrants.

Une hausse marquée des signalements

Les chiffres traduisent une montée en puissance du dispositif. En 2025, 872 signalements ont été traités, soit une hausse de 140 % en deux ans. Une progression qui témoigne à la fois d’une meilleure identification du dispositif et d’une libération progressive de la parole. Les fédérations sportives constituent désormais le principal canal de transmission, avec 273 signalements, devant les victimes et leurs proches (207) et les services déconcentrés de l’État (206). Un rôle accru des structures sportives dans la détection des situations à risque.

Des victimes majoritairement mineures et féminines

Les données de 2025 confirment des tendances préoccupantes. Plus de la moitié des victimes sont des femmes (57 %), une proportion qui atteint 77 % dans les cas de violences sexistes et sexuelles. Par ailleurs, 67 % des victimes étaient mineures au début des faits, dont 40 % âgées de moins de 15 ans. Dans les situations de violences sexistes et sexuelles, 76 % des victimes sont mineures. Des chiffres qui soulignent la vulnérabilité des jeunes pratiquants et la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention au sein des clubs et des structures sportives.

Des encadrants largement mis en cause

En 2025, 936 personnes ont été mises en cause, contre 538 l’année précédente. Dans 91 % des cas, il s’agit d’hommes, une proportion qui atteint 98 % pour les violences sexistes et sexuelles. Les faits impliquent majoritairement des membres de l’encadrement : 76 % des personnes mises en cause sont des éducateurs, qu’ils soient professionnels, stagiaires ou bénévoles, tandis que 20 % sont des dirigeants ou exploitants d’établissements sportifs.

Le contrôle d’honorabilité, un outil de prévention clé

Pour agir en amont, les pouvoirs publics s’appuient sur le contrôle d’honorabilité, mis en place en 2021. Ce dispositif vise à empêcher les personnes présentant un risque d’exercer auprès des pratiquants, notamment les mineurs. Il repose sur la consultation du fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes, ainsi que, pour les professionnels, sur le bulletin n°2 du casier judiciaire. En 2025, 981 personnes ont été écartées de fonctions d’encadrement, dont 567 éducateurs professionnels et 414 bénévoles. Depuis 2026, ce contrôle est étendu aux intervenants auprès de mineurs licenciés, avec 114 fédérations impliquées dans ces vérifications.

Une stratégie nationale structurée

Pour 2026, la ministre des Sports Marina Ferrari fixe une priorité claire : améliorer la prise en charge des victimes, en particulier en matière de violences sexuelles. « Cette année, je veux que priorité soit donnée à l’amélioration de l’accompagnement et de la prise en charge des victimes », a-t-elle déclaré. La stratégie repose sur quatre piliers : le traitement des signalements, le contrôle d’honorabilité, la formation des acteurs et la prévention des violences. « Notre force repose sur une mobilisation massive autour de ces quatre piliers », insiste la ministre, qui appelle à construire « un sport exemplaire, inclusif et protecteur ».

Une responsabilité partagée

Au-delà des chiffres, la progression du nombre de signalements traduit aussi une évolution des mentalités. La parole se libère, les dispositifs sont mieux identifiés et les acteurs du sport davantage mobilisés. « C’est une responsabilité collective et nous la prendrons pleinement », affirme Marina Ferrari. Une responsabilité qui incombe à l’ensemble de l’écosystème sportif, des institutions aux clubs, en passant par les encadrants et les pratiquants. En cas d’urgence ou pour signaler une situation, plusieurs numéros sont disponibles : le 17 ou le 114, le 119 pour l’enfance en danger, le 30 18 pour les cyberviolences et le 31 14 pour la prévention du suicide.

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